disparus en 1915

Jean, 26 ans, tué pendant le combat de nuit à Ostrow près de Tarnow, en Galicie, le 18 janvier 1915. Son frère Joseph est décédé de maladie à l’hopital militaire de Köslin le 23 mars de la même année. Quel chagrin pour leur soeur Marie et pour leurs parents Gretel et Paul. Paul succombera en 1917, laissant à Gretel et à Marie le soin du benjamin, Casimir, qui devra abandonner ses études secondaires pour se vouer à l’entreprise agricole que Jean avait si bien démarrée.

Grâce au site Ahnenforschung.net, en allemand, j’ai pu obtenir l’emplacement précis de la sépulture de Jean en Pologne, à quelques dizaines de kilomètres à l’est de Cracovie. Le corps de Joseph avait été rapatrié à Niederlauterbach dès le lendemain de sa mort. Ils sont vivants dans notre souvenir :

Joseph et Jean

« WIR STERBEN ERST, WENN IHR UNS VERGESST ! »

Marie Joséphine

assises : Grossmamma Matern, Madeleine, Joséphine

ma grand-mère maternelle, née en 1900 à Fribourg, petit village du « pays des étangs » dans le Parc naturel régional de Lorraine. Elle a déjà deux frères, Louis Joseph, l’aîné, et Emile Nicolas. La famille déménage à Haguenau, où naîtront trois autres filles, Jeanne Sophie, Berthe Marie, et en 1905 la petite Marie qui ne survivra pas. Son père, Louis MAYEUR, était journalier à Fribourg, puis a décroché un emploi de gardien de caserne à Haguenau ; il décèdera prématurément en 1915. Sa mère, Madeleine MATERN, dirigera la famille à Haguenau jusqu’à sa mort en 1933.

Marie Joséphine était vendeuse dans le magasin Magmod, fréquenta un jeune cadre des chemins de fer, mon grand-père Georges BREITENBUCHER, dont elle aura, célibataire, une fille, Madeleine Georgette. Madeleine est entourée de ses oncles et  tantes et élevée avec amour par la grand-mère MATERN. Marie Joséphine va refaire sa vie à Paris, où elle se marie en 1928 avec Georges RIVALAN, dont elle aura, en 1931, un fils, Yves André. L’année suivante, avec sa nouvelle famille, elle fait le voyage de Paris à Haguenau d’où elle tentera, en vain, d’emmener sa fille avec elle à Paris. Elle retourne donc bredouille à Paris, où elle décède en 1958.

Yves André est décédé en 1979 ; j’ai eu le plaisir de faire enfin la connaissance de sa fille Yolande, ma cousine, que j’ai trouvée après de patientes recherches sur internet !

historique des recherches

La préhistoire : au lycée (il y a longtemps, dans les années soixante) notre professeur d’histoire-géo nous avait emmené un jour à la mairie du lieu pour nous montrer les archives d’état-civil, dont la création remonte à la Révolution Française. Il nous avait donné quelques conseils pour faire notre généalogie, ce qui m’avait amené à visiter la mairie de Niederlauterbach où le secrétaire, qui avait été mon instituteur, m’a volontiers donné accès aux archives ; là, j’ai relevé les noms de tous les DREY dans les actes de naissance, puis dans les actes de décès, et ma première énigme : mais où sont passés les DREY nés à Niederlauterbach et qui n’y sont pas décédés ? J’étais remonté dans mon ascendance agnatique jusqu’à Frédéric (1778-1858) ; découragé peut-être par la difficulté de lecture des actes anciens, et par le manque de temps à consacrer à cette activité, je m’étais arrêté là, jusqu’à ces dernières années.

L’entrée dans le vif du sujet : d’une part la découverte et l’utilisation des sites internet traitant de généalogie, d’autre part le décès de Mamie Madeleine, dont nous ne connaissions que quelques rares cousin(e)s que nous ne fréquentions guère ; il était grand temps d’aller à la recherche de mes grands-parents maternels.

Le chantier : deux composantes, la souche paternelle DREY-RIES, et la souche maternelle MAYEUR-BREITENBUCHER. Pour la première, les recherches ont bien démarré grâce à une publication de l’AGAWE puis à la mise en ligne des archives départementales du Bas-Rhin (juin 2010). Pour la seconde, ce fut grâce à l’Internet (sites généalogiques, réseaux sociaux) et à quelques contacts de génalogistes amateurs de France que j’ai pu avancer dans mes recherches. A ne pas oublier non plus : les secrétariats de plusieurs mairies auprès desquelles j’ai demandé des extraits d’actes, et qui m’ont toutes réservé le meilleur accueil, je les en remercie.

Status quaestionis : voir les articles suivants.

s’ Franzmichel’s Gretel

Gretel, Marie, Casimir

la Marguerite fille de François Michel ! C’est ainsi qu’était connue à Lauterbach la maman de Casimir. Trois guerres qu’elle a subies ! En 1870 : « Les Prussiens arrivent ! » En 1914, une guerre annoncée, la der des der ! Hélas, 1939, nouvelle alerte, fuite (obligée) à Mailhac sur Benaize, dans la Haute Vienne, tout près de Oradour sur Glane tristement connue pour son sort en 1945. Elle y va, avec sa fille Marie et tous les habitants de Niederlauterbach, pour en revenir à peine un an plus tard, comme allemande, elle qui était née française en 1856, devenue allemande malgré elle en 1871, redevenue française en 1919, et voilà que les « Prussiens » sont revenus, quel malheur !

En 1946, enfin, elle a eu  la joie d’avoir une belle-fille, Madeleine, qui a épousé son Casimir le 6 juillet et qui va lui donner un petit-fils l’année suivante !

Ses dernières paroles, peu avant sa mort en 1947 : « dites donc à ce petit garçon qu’il a aussi eu une grand-mère » ; c’est Marie qui m’a rapporté ces paroles. Elle est morte en décembre, j’avais cinq mois……

il n’y a que le premier pas qui coûte

eh oui ! lancé depuis moins de trois ans dans la recherche de mes ancêtres, voilà que la maman de Tiana, ma petite-fille, me précipite dans la marmite d’un blog ! Bon, on va essayer.